Profanes - Jeanne Benameur

Profanes de Jeanne Benameur

J’ai besoin d’autres êtres humains, comme moi, doutant, s’égarant, pour m’approcher de ce que c’est que la vie. Octave Lassalle, 90 ans, ancien chirurgien du cœur, décide de se confronter de nouveau à la vie : lui « qui n’a jamais eu le don de réunir qui que ce soit, ni famille ni amis », recrute, par le biais d’une annonce dont le lecteur n’a pas connaissance, quatre personnes qui doivent se relayer autour de lui.

Il les accueille chez lui au début du livre et a pour projet de les réunir autour de lui.

Réunir, ce n’est pas juste faire asseoir des gens dans la même pièce, un jour. C’est plus subtil. Il faut qu’entre eux se tisse quelque chose de fort.

Il rassemble ainsi 3 femmes et un homme qui ne se connaissent pas :
– Marc Mazetti, qui doit arriver à 7h du matin, s’occuper de lui et notamment le raser à l’ancienne et assurer l’entretien du jardin
– Hélène Avèle, peintre, laquelle doit réaliser une commande qu’il lui a passée. Elle viendra de 14h à 18h
– Yolande Grange prépare le diner, trie les objets de la maison et restera jusqu’à 22h
– Béatrice Benoit, étudiante infirmière, viendra pour la nuit.

Le choix de ces 4 accompagnateurs est troublant : Je ne connais pas leur histoire, je me suis fié à l’intuition qui m’a toujours guidé, qui me faisait accomplir le geste sûr quand j’opérais.

Alors que le personnage principal a préparé minutieusement son plan : Je m’embarque pour la partie de ma vie la plus précieuse, celle où chaque instant compte, vraiment. Et j’ai décidé de ne rien lâcher, rien, les 4 recrues sont elles aussi conscientes qu’elles s’engagent dans une aventure qui va changer leur vie, dans une prise de risque, qu’elles souhaitent et acceptent.

Le projet du nonagénaire est de se confronter à d’autres, à des vivants, des gens qui doutent, des profanes : « Je veux l’enseignement des vies imparfaites. ». Ainsi, « Chez chacun des quatre, il a flairé le terreau d’une histoire. Quelque chose qui pourrait l’éclairer. Chez chacun d’eux, la lutte, solitaire, pour la vie. Et aucune religion à laquelle se raccrocher. »

Il pense à l’étymologie du mot profane : celui qui est devant le temple. Il est ce profane. Ils sont ces profanes. Au cœur de chacune de leurs vies, le temple. Vif. Le seul sacré qu’il connaisse. Cette vie qui vibre et échappe à chaque pas.

Points faibles
Quelque chose m’a échappé dans l’histoire de la fille d’Octave, autour duquel se noue le drame de sa vie
Le projet de réunir ces 4 personnes est inhabituel, il dérange un peu, comme s’il y avait manipulation

Points forts
Un roman sur la vie, le doute, le besoin des autres pour avancer
Beaucoup de belles phrases touchantes
Des personnages singuliers dans lesquels on reconnait un peu de soi

Mon point de vue
Profanes est un livre inattendu, étonnant, original, sur l’imperfection de nos vies, le choix de les accepter comme tel et d’avancer malgré tout.
J’ai beaucoup aimé.

Quelques citations
Le temps va toujours trop vite avec ceux qu’on aime

Elle avait employé plusieurs fois ce mot « tentative ». Un mot qu’il aimait. C’était celui qu’il employait pour baptiser le fait de vivre : une tentative. Un mot humble, qui donne le droit de se tromper, d’errer, de recommencer.

Il veut juste devenir vivant, de son vivant, la vraie question.

On peut sauver ou ruiner toute une vie quand on prend le risque.

Je n’ai pas vu venir l’amour et c’est tant mieux, j’aurais fui.

Profanes
Jeanne Benameur
Actes Sud – janvier 2013 ; 288 pages – 20 €
Poche – mai 2014 ; 7€80

 Challenge-Jeanne-BenameurMa première participation au challenge Jeanne Benameur, chez Noukette

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