la parenthèse

Bande dessinée La parenthèse – Elodie Durand – Delcourt, un témoignage sensible

Comment expliquer aux autres une parenthèse de 4 ans dans sa vie, un « trou » dans son CV ? C’est ce à quoi est confrontée Judith, qui prend son envol de la maison familiale à 25 ans, alors qu’elle a traversé de l’âge de 21 ans jusqu’alors, une période difficile. Qu’a-t-elle fait durant ces 4 ans ?

J’ai beaucoup dormi. J’ai été un peu malade.

« Un peu malade » : euphémisme, déni ou pudeur ?

La bande dessinée La parenthèse est construite comme une lettre de la protagoniste à sa mère, avec des retours dans le passé, pour se rappeler, à plusieurs voix – la sienne et celles de ses parents- ce qui s’est réellement passé durant ces 4 ans.

Car Judith, alias Elodie Durand, l’auteur-illustratrice, alors étudiante, est atteinte d’une épilepsie déclarée soudainement, avec des complications sévères et rares. « Désormais, régulièrement et subitement, je ne suis plus responsable de moi. »

Ses pertes de mémoire sont importantes : l’album a ainsi pour vocation d’ordonner, de ranger les souvenirs « pour les garder en mémoire et pour ne plus jamais m’en soucier ».

De la découverte de la maladie jusqu’à sa guérison, en passant par les examens médicaux, ses régressions dans les apprentissages de base, l’opération chirurgicale, les rechutes, la relation avec la maladie… le lecteur chemine avec Judith, avec ses parents.

A propos du neurologue qui la suit :
Je hais le sourire du Docteur Pramalé. C’est le méchant, celui dont on ne veut pas mais dont on a besoin…

Points faibles

Points forts
– Les dessins réalisés par l’illustratrice durant sa maladie sont très expressifs et émouvants
– Une BD bien construite et rythmée dans sa narration et la variété des dessins

Mon point de vue
La parenthèse est le témoignage sensible et bouleversant d’une tranche de vie que l’auteure voudrait oublier pour vivre pleinement sa vie.

Les émotions sont très bien retracées dans les dessins. J’en ai contemplé certains plusieurs minutes (en particulier ceux faits pendant la maladie) parce qu’ils sont tout simplement bouleversants. Le ton est juste, voire même distancié.

J’ai également appris quelques notions sur l’épilepsie, maladie dont on parle peu, me semble-t-il. Judith / Elodie a raison (mais c’est aussi le cas pour d’autres pathologies) : Si nous sommes si nombreux à être épileptiques, je me demande pourquoi nous n’en parlons jamais. Et pourquoi ai-je toujours un peu honte ?

La parenthèse a obtenu le Prix Révélation du Festival de bande dessinée d’Angoulême en 2011.

La parenthèse
Elodie Durand
Delcourt – mai 2010
221 pages – 15.5 €

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