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Cancer and the city – Marisa Acocella Marchetto – L’Iconoclaste : New York, chimio et talons aiguilles !

Combien font 29 seringues + 9 kilos pris + 15 manipulateurs radio + 11 assistants médicaux + 9 infirmières + 8 médecins + 192 720.04 dollars + 2 rabbins + 1 prêtre = ?

La réponse de l’auteur-illustratrice de Cancer and the city : Mon tout fait une expérience qui m’a changée à jamais.

Marisa Acocella Marchetto  est une fashionista, illustratrice-journaliste pour des grands journaux et magazines américains (The New Yorker, Glamour). A 43 ans, elle est au faîte de sa vie : elle a réussi à percer professionnellement et du côté perso, elle va se marier pour la première fois de sa vie.

A 3 semaines du mariage, elle se découvre une boule au sein

Pétrifiée pour l’éternité dans l’immensité du néant et plongée dans une obscurité épaisse… avec pour seul souhait de revenir à mes obsessions narcissiques et futiles, mes histoires d’ego, de poids, de peau grasse et de cheveux secs…

L’album est le récit de son traitement, de ses 8 séances de chimio, certes. Il retrace aussi une histoire de couple qui tient malgré la maladie (la grosse angoisse de Marisa est que son futur mari la quitte à cause de son cancer) ; une histoire d’amitié, avec les nombreux MAV de l’auteure (Meilleurs Amis pour la Vie), de gastronomie aussi car son futur mari est un restaurateur hype.

Cancer and the city raconte également le douloureux renoncement à la maternité, les interrogations de Marisa sur sa féminité et ses réponses pour rester elle-même malgré le fait que la maladie l’oblige à redéfinir ses priorités et ses valeurs.  D’aucuns indiqueraient leur état d’esprit le jour de la chimio voire la météo ; Marisa, elle, indique la référence du gloss, la paire de chaussures portés. C’est sa façon de lutter.

Plus sérieusement, Cancer and the city relate aussi la vie d’une illustratrice à New York, les dessins refusés, la guerre entre illustrateurs.

Et enfin, Marisa doit faire face à la question de la couverture sociale, dans un pays où l’assurance maladie est facultative ; coût du traitement : près de 200 000 dollars. Elle découvre que  ne pas avoir d’assurance santé augmente de 49 % le risque de décès lié au cancer du sein chez la femme. Depuis, elle a créé une fondation qui vient en aide aux femmes atteintes de cancer de sein et non assurées.

Points faibles

Points forts
– Des dessins très colorés, pleins de vie, joyeux

– De l’humour, de l’humour et quelques zestes de futilité (ça peut pas faire de mal)

Mon point de vue
Cancer and the city est un roman graphique dépaysant et détonnant, par rapport à d’autres témoignages en BD. On n’y parle pas que de cancer du sein. C’est presqu’un livre sociologique sur la vie à New York, dans un milieu aisé, de fashionistas et de people. Et il se trouve que la protagoniste a un cancer du sein. L’annonce, la peur, les examens, les questions que l’on se pose avec un cancer du sein (deuxième avis ?)… sont universels.
L’album est joyeux, vivant, il parle de la vie, d’une  vie, celle de Marisa Acocella Marchetto. Un beau témoignage. On a presque envie de la rencontrer pour la suite de l’histoire…

Merci à Céline pour la découverte !

Cancer and the city
Marisa Acocella Marchetto
L’Iconoclaste – septembre 2007
224 pages – 22,90 euros.

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