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Quelle est la cause profonde de la souffrance humaine ? Réponse de Irvin Yalom – Le jardin d’Épicure – Le livre de poche

Quelle est la cause profonde de la souffrance humaine, selon Epicure ? Notre peur omniprésente de la mort.

Irvin Yalom, 75 ans au moment de la publication de ce livre, psychiatre, romancier, philosophe, nous livre un essai éminemment personnel sur l’angoisse de la mort. Il raconte que quand il expliquait autour de lui quel était le sujet de son livre, ses interlocuteurs changeaient rapidement de conversation…

Prenant appui sur la philosophie d’Epicure, de Nietzsche et de celles d’autres grands auteurs, tels que Tolstoï, Irvin Yalom assure que contrairement à une affirmation d’il y a un siècle, « Ne grattez pas là où ça ne démange pas », il faut au contraire affronter la terreur de la mort car « La mort démange. Elle démange en permanence ; elle nous accompagne en permanence, grattant à quelque porte secrète, à peine audible, juste sous la membrane de la conscience. Dissimulée, déguisée, elle se manifeste à travers divers symptômes, elle est la source de la plupart de nos soucis, de nos tensions et de nos conflits. »

Certains jalons de la vie constituent des expériences révélatrices de cette angoisse : réunions d’anciens de l’école et de l’université, transmettre son patrimoine, anniversaires et commémorations, rêves douloureux…

7 chapitres exposent les théories qui permettent de faire face à ses angoisses de mort, illustrés par des témoignages de patients, les « professeurs les plus importants » de Irvin Yalom : Jennifer, Marc, Ellen, Naomi…

Un des chapitres évoque les réflexions personnelles de l’auteur car « Moi aussi je lutte avec la mortalité et, en tant que professionnel qui a travaillé sur l’angoisse de mort durant sa carrière entière, et en tant qu’homme dont la mort se rapproche, je veux être sincère et clair sur mon expérience personnelle avec l’angoisse de mort. »

Le dernier chapitre s’adresse aux thérapeutes mais Irvin Yalom nous avertit « Si vous n’êtes pas thérapeute, je vous en prie, n’interrompez pas votre lecture. »
L’auteur y plaide notamment pour un type différent de relation patient – thérapeute, notamment pour l’autodévoilement du thérapeute vis-à-vis de son patient, à la seule condition que ce dernier soit utile au patient : lorsque ces questions existentielles sont abordées, nous devons abandonner ces résidus d’un modèle médical suivant lequel les patients souffrent d’une étrange affection et ont besoin d’un guérisseur impassible, irréprochable et insensible. Nous affrontons la même terreur, la blessure de la mortalité, le ver au cœur de l’existence.

Quelques citations pour en apercevoir le contenu et vous donner envie de lire :

Affronter la mort nous permet non d’ouvrir quelque boîte de Pandore mais d’aborder la vie d’une manière plus riche et plus humaine.

Vous êtes incité à prendre à bras le corps la responsabilité de l’être humain pour construire une vie authentique d’engagement, de rapport à l’autre, de sens et de réalisation de soi.

Moins votre vie a été vécue, plus grande est votre angoisse de mort.

Notre unique vie devrait être totalement et harmonieusement vécue, laisser derrière elle aussi peu de regrets que possible. Mon but n’est pas de noyer quiconque dans un océan de regrets, mais en définitive, de diriger son regard vers l’avenir et vers cette question qui peut changer sa vie : Que pouvez-vous faire aujourd’hui dans votre existence pour ne pas, dans un ou cinq ans, regarder en arrière et éprouver le même désarroi à l’égard de nouveaux regrets que vous auriez accumulés ? En bref, pouvez-vous vivre sans continuer à accumuler des regrets ?

Combien de fois ai-je eu l’agréable surprise de voir un patient se transformer de façon positive à un âge avancé, même aux abords de la mort. Il n’est jamais trop tard.
On n’est jamais trop vieux.


Points faibles
Un livre que l’on prend de front ; comment en détecter les points faibles ?

Points forts
– Les témoignages des patients

– L’autodévoilement de l’auteur sur son propre rapport à la mort

Mon point de vue
Dans Le jardin d’Epicure, Irvin Yalom partage ses réflexions personnelles et son expérience de psychothérapeute confronté à des personnes de tout âge habitées par l’angoisse consciente ou inconsciente de leur mortalité. Le sujet est abordé de manière concrète, intéressante et jamais morbide ; il y a forcément un écho avec sa propre vie. Cet essai nous dit de ne pas avoir peur d’explorer nos angoisses face à la mort. Il nous invite à les affronter, grâce à la réflexion sur soi, pour vivre une vie sans regrets.

Retrouvez la chronique d’un autre livre de l’auteur Et Nietzsche a pleuré

Le jardin d’Épicure
Irvin Yalom
Le livre de poche – Janvier 2015
312 pages – 7,10 €

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A propos de Littérature et Santé

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