la demangeaison
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Journée Mondiale du Psoriasis : Comprendre la démangeaison – Lorette Nobécourt – Grasset

La démangeaison est le récit à la première personne d’une jeune femme, Irène, atteinte d’un psoriasis, apparu dès l’enfance.

Alors que la « police médicale » affirme que « la nature du psoriasis demeure inconnue jusqu’à aujourd’hui », Irène sait, elle, que l’origine en est sa famille, qu’elle suspecte de vouloir la tuer et auprès de qui elle ne trouve aucun réconfort « Car ma mère ne déposait aucun baiser sur mes joues roses d’enfant, et mon père, à aucun moment, ne me serrait gentiment dans ses bras. »

Son psoriasis évoluera en prurit : « Je me suis grattée absolument, et je peux affirmer ici que celui qui n’a pas connu la démangeaison ininterrompue sait bien peu de l’enfer. »

Afin d’échapper à sa famille et guérir son psoriasis, elle demande à terminer ses études en pensionnat. Ce déménagement n’a pas eu l’effet escompté : «  Je ne m’étais point doutée qu’à l’affreuse bonté familiale et meurtrière se substituerait la méchanceté gratuite de mes camarades. »

Elle termine ses études, trouve un boulot, une chambre à elle, écrit pour se libérer de sa famille, boit : « Alors je buvais le vin et je fracassais par terre ce qui devenait peut-être mon crane. »

Elle bénéficie d’une rémission de la maladie, le lecteur en est heureux pour elle. Sauf que cela ne dure pas, les démangeaisons reprennent, le grattage devient son unique obsession, elle se vautre dans la marginalité « Rejetée par les miens et ce monde purulent, j’ai accédé à une liberté inconnue, que la démangeaison seule a donc su me donner. ». Elle finit par provoquer un drame qui lui fait affirmer « Cela mène très loin, une petite démangeaison. Ce petit grain de sable qui bousille la machine, ma démangeaison, mon petit grain de sable. »

Points faibles
– Une intrigue dérangeante

Points forts
– Un phrasé, un style âpre, au service de cette histoire singulière

– Le rapport ambigu à la démangeaison est bien montré Petit à petit, j’appris à aimer ma maladie, ses traces, comme autant de certitudes, de preuves d’être encore en vie.

Mon point de vue
La démangeaison est un roman et non un témoignage. On sort de cette lecture avec une impression étrange, une certaine gêne. Malgré cela, ce court monologue permet réellement de comprendre l’altération de la qualité de vie que subit une personne atteinte de psoriasis. Je ne suis pas sûre que tel soit le propos essentiel de Lorette Nobécourt : il y a quelque chose à voir avec l’écriture qui libère, la liberté à trouver malgré les contraintes terrestres…

La démangeaison
Lorette Nobécourt
Grasset – février 2009
120 pages – 12.10 €

 

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