journal d'un vampire en pyjama

Journal d’un vampire en pyjama

Qu’est-ce donc qu’un vampire en pyjama ?

n.m. Catégorie particulière de vampires. A besoin du sang des autres pour vivre, sang qu’il se procure uniquement en se rendant à l’hôpital, à la différence d’autres vampires, qui mordent des femmes, se transforment en chauve-souris ou sont effrayés à la vue d’un crucifix.

Mathias Malzieu est un chanteur, musicien et écrivain français. Il est le chanteur du groupe de rock français Dionysos.

Alors qu’il finalise les derniers tournages du film tiré de son livre La mécanique du cœur, il fait une prise de sang pour comprendre d’où vient sa fatigue extrême.

Le verdict tombe, il est atteint d’une aplasie médullaire, maladie rare, 150 cas par an en France.

Journal d’un vampire en pyjama est le récit, sous forme de journal -bon d’accord, c’est écrit dans le titre du livre ;), d’une année entre parenthèses pour guérir cette maladie, qui rapidement devient réfractaire.

La particularité de ce témoignage est le parti pris de l’auteur, de rester lui-même, d’utiliser la boulimie créative qui le caractérise pour raconter cette période, car il tient à « organiser la résistance en mobilisant les ressources de l’imagination » même si :

Je me bats comme un lion contre cette maladie que je comprends à peine. Même si pour l’instant je ne suis qu’un chat avec un pyjama trop grand qui ne dupe personne, pas même moi.

Ses armes sont beaucoup l’humour, passionnément la poésie, à la folie l’amour des siens et surtout de Rosy, sa compagne, sa fleur de combat.

Il personnifie la mort, qui devient Dame Oclès et rend un vibrant hommage aux infirmières, qu’il rebaptise « nymphirmières ».

Elles sont cigognes-mamans-nymphes-filles. Elles gagnent à être (re)connues.

A travers elles, il remercie toute l’équipe hospitalière qui l’a accompagné et sauvé : « Je quitte cette famille adoptive avec des bagages remplis d’espoir fragile. Je reviendrai les voir. L’hôpital ne va pas me manquer, mais les personnes à l’intérieur, si. »

Après une greffe de moelle osseuse avec du sang de cordon ombilical provenant d’un don fait à Dusseldorf en 1999, la guérison est là, bienvenue.

Mathieu Malzieu a traversé un véritable enfer, « pas celui avec du feu et des types à cornes qui écoutent du heavy metal, non, celui où tu ne sais plus si ta vie va continuer.« 

C’est une deuxième naissance, clin d’œil étrange de la vie au nom de son groupe Dionysos, du nom du dieu de la mythologie grecque né deux fois.

Je ne suis donc plus un vampire et je passe de moins en moins de temps en pyjama.

Me faire sauver la vie est l’aventure la plus extraordinaire que j’aie jamais vécue.

Journal d’un vampire en pyjama est un témoignage bluffant et hors norme d’une tranche de vie avec la maladie. La douleur, les doutes, les inquiétudes ne sont pas cachés : ils sont sublimés par la poésie et l’imaginaire, très humblement, très joliment.

Etre malade, c’est se sentir comme un enfant et un vieillard en même temps. Etre privé de vie sociale. Ne plus travailler. Dans le regard des uns ou l’intonation des autres, on se transforme en monstre fragile.

 

Journal d’un vampire en pyjama
Mathias Malzieu
Albin Michel – février 2016
240 pages – 18 €

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