Marcher droit, tourner en rond

Marcher droit, tourner en rond

Nous autres, êtres humains, acceptons bien volontiers, lors des funérailles d’un mort, de placer sous silence ses défauts, vices et autres mauvaises actions.

Je suis la première à trouver cela normal, social, politiquement correct… même si je n’en pense pas moins.

Pas le monologuiste de Marcher droit, tourner en rond, écrit par le psychiatre lyonnais Emmanuel Venet.

Je ne comprendrai jamais pourquoi, lors des cérémonies de funérailles, on essaie de nous faire croire qu’il y a une vie après la mort et que le défunt n’avait, de son vivant, que des qualités.

Il –on ignore son nom- assiste pour la quatrième fois de sa vie à des funérailles et c’en est trop cette fois !

Il est choqué par tout le bien exprimé au sujet de sa grand-mère paternelle Marguerite, des  » énormités ».

Ce genre d’écart entre les paroles et les actes m’exaspère.

Il sait, lui, qu’elle était raciste, qu’elle a trompé sans vergogne son mari, était une mauvaise mère, lésinait sur tout…

A travers son monologue, il égratigne férocement sa famille et nous en dévoile les secrets. Un seul proche échappe à sa critique : son père.

Notre narrateur se raconte aussi : il a 45 ans, ses deux grandes passions sont le scrabble et les catastrophes aériennes. Il argumente en faveur de la corrida, du végétarisme dont la seule exception est la sauce bolognaise. Il aime passionnément une femme qu’il a connu… en classe de seconde et qu’il n’a jamais revu depuis.

Il est surtout atteint du syndrome d’Asperger, ce qui le rend asociognosique, « c’est-à-dire incapable de me plier à l’arbitraire des conventions sociales et d’admettre le caractère foncièrement relatif de l’honnêteté. »

Waw, ce livre est vraiment drôle et percutant ! Il est court, se lit aisément et ce qu’on rit (ok, je l’ai déjà dit) !

J’ai beaucoup aimé le personnage du narrateur, il est touchant, vrai dans ses analyses. Il nous fait comprendre de l’intérieur un aspect du syndrome d’Asperger.

Je ne peux m’empêcher de me demander ce qu’il deviendra, si la disparition de son père survient avant la sienne. Et que diront les membres de sa famille lors de ses funérailles, à son sujet à lui ?!

Et vous, participez à la conversation. Pensez-vous que ces conventions sociales lors des enterrements sont stupides ? Avez-vous lu ce livre ? Avez-vous envie de le lire ? N’avez-vous pas envie de connaître la suite de son histoire d’amour exceptionnelle ?

Pour moi, l’amour suppose un engagement absolu, une constante préoccupation pour le bonheur de l’être aimé, et une droiture sans faille à son égard.

Marcher droit, tourner en rond
Emmanuel Venet
Editions Verdier, Collection jaune – Août 2016
128 pages – 13,00 €

  • Voir et écouter Emmanuel Venet parler de Marcher droit, tourner en rond
  • Lire d’autres critiques sur Babelio et sur Errances immobiles, blog sur lequel j’ai découvert ce livre

 

Partager

A propos de Littérature et Santé

Ce blog partage avec vous, essentiellement à partir de livres, des réflexions sur les patients, les professions de santé et le numérique.

Laisser une réponse

Votre adresse email ne sera pas publiée Les champs obligatoires sont marqués d’un *